L'église Sainte Madeleine

L'église Sainte-Madeleine

Abside, absidioles et façade occidentale inscrites au titre des monuments historiques en 1972.

La chronique de Geoffroy de Vigeois (XIIe siècle) rapporte qu'après avoir fondé le monastère d'Arnac en 1028, Gui de Lastours donne l'église de Segonzac aux moines de cette nouvelle fondation. Placée autrefois sous le patronage de saint Médard, cette église romane des XIe et XIIe siècles aurait été la proie d'un incendie qui dévora également le bourg au XVIe siècle.

L'édifice présente un plan original avec un chœur constitué de trois absides jointives terminées par un mur plat, un faux transept et une nef unique rectangulaire. Les trois absides sont voûtées en berceau alors que le reste est couvert d'un plafond. Les murs gouttereaux de la nef, bâtis en moellons de calcaire, sont rythmés par des contreforts plats et d'étroites baies murées, caractéristiques du XIe siècle. La façade occidentale, construite en pierre de taille et animée par des arcades, des contreforts et une corniche soutenue par des modillons sculptés, correspond à un réaménagement du XIIe siècle.

Le chœur conserve un intéressant décor sculpté roman constitué de sept chapiteaux du XIe siècle. Ils portent un décor formé essentiellement d'entrelacs géométriques et de motifs végétaux.

A la fin du XIXe siècle, on restaure la toiture et on construit la sacristie. Au début du XXe siècle, la partie haute du clocher est entièrement rebâtie. Enfin, en 2011, la toiture est entièrement changée.

Cette église conserve une statue de saint Luc du XVIIIe siècle en bois peint et doré (inscrite au titre des monuments historiques en 1999) qui pourrait provenir du couronnement d'un retable démantelé, ainsi que différents éléments de retables des XVIIe et XVIIIe siècles, non protégés. 

Peinture murale de la voûte du chœur et retables

Décor peint ; Nicolas Katkov & Joan Febr ; années 1920 

Fuyant la Révolution russe, les deux artistes peintres s'installent au château de Lage sur la commune voisine de Rosiers-de-Juillac ; en remerciement de cet accueil, ils décorent les murs et la voûte de l'abside axiale de l'église Sainte-Madeleine de Segonzac, inscrite au titre des Monuments historiques en 1972, et leur choix iconographique se porte sur le thème du Trône de grâce, moment où Dieu le Père vient chercher Jésus-Christ après sa mort. Quatre anges thuriféraires avec encensoirs accompagnent la scène. Sur les élévations, l'Agneau de Dieu, auréolé, règne au cœur de la Jérusalem céleste, avec Laurent, habillé de la dalmatique du diacre et portant le gril, objet de son supplice et saint Médard, évêque de Noyon.     

Si ce style de représentation peinte pourrait être qualifié d'orthodoxe, voire de néo- byzantin, le décor de l'arc architectural qui sépare le chœur de la nef semble plus ancien et y sont figurés au sein de quatre médaillons, les portraits des évangélistes, accompagnés de leurs signes tétramorphes, de gauche à droite : Matthieu et l'ange ; Marc et le lion ; Luc et le taureau, puis Jean, toujours considéré comme le plus jeune des quatre, avec l'aigle.       

A noter qu'à l'entrée de l'église, une niche accueille une autre représentation de l'évangéliste Luc, assis sur le taureau qui le définit (animal symbolique qui, ici, ressemble curieusement à un chameau) : cette statue bois du XVIIe siècle est inscrite au titre des Monuments historiques.  

Retables et tabernacles, bois peint et doré, XVIIe siècle.

Le retable est une construction verticale portant un décor peint ou sculpté, placé en retrait de l'autel, installé dans le contexte de la Réforme catholique. Ce retable ne semble pas avoir été réalisé pour cet emplacement mais plutôt rapporté et tronqué afin d'y être installé. Il se compose de trois travées scandées de colonnes portant des chapiteaux corinthiens. Une Vierge à l'Enfant moderne prend place au centre, de part et d'autre sont placées des statues d'anges. Ils sont entourés de colonnes à fut lisse, recouvertes de pampres sur leur tiers inférieur.

Le tabernacle (réserve conservant les hosties consacrées), en bois doré, est décoré de médaillons représentants (de gauche à droite) saint Jean l'évangéliste, saint Jean-Baptiste, l'agneau pascal, saint François d'Assise et la Vierge. Chaque panneau est encadré de colonnettes torses ornées de pampres.

Un autre retable fait face à celui-ci. Incomplet, il porte la date de 1659.

L'église de Segonzac conserve deux retables, situés dans le faux transept. Le premier, accolé au mur nord est de facture simple. Il porte la mention « 1659 », indiquant sa date de fabrication. De part et d'autre de l'autel et de la niche du panneau central, se trouve des décors de guirlandes végétales. La niche devait abriter une statue, aujourd'hui disparue. Les colonnes entourant la niche sont d'une construction plutôt particulière : une base supportant un fût cannelé, surmonté d'un pilier de balustrade.

Le second retable possède un décor plus fouillé. Il ne semble pas avoir été réalisé pour cette église mais plutôt rapporté et tronqué afin d'y être installé dans sa configuration actuelle. Des hypothèses lui donnerait pour lieu d'origine l'abbaye de Dalon, située à proximité de Segonzac. Il se compose de deux travées latérales organisées autour d'une travée centrale. Cette partie a pour décor une statue de la Vierge à l'Enfant, ainsi qu'une guirlande végétale formant un cadre derrière la statue. Les deux travées latérales comprennent chacune une statue d'ange dont les proportions et le support laissent penser qu'ils ne sont pas d'origine. Ils sont entourés de colonnes à fut lisse, recouvertes au tiers de pampres de vignes.